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 Repartons sur la trace d'Edmond dont nous ne savons rien de son parcours entre sa naissance le 4 mars 1864 à Abbeville (Somme) et son mariage dans l'Aisne à 31 ans. Nous rappelons que, contrairement à Oscar et Marie-Antoinette, Edmond n'était pas du voyage à Paris. Il n'y a aucune mention d'un quelconque abandon à Abbeville ou Amiens.

 

Nous émettons une hypothèse de scénario.

En 1864, Marie est femme de chambre au sein d'une famille bourgeoise au 141 rue St Gilles à Abbeville. Elle se fait engrosser par un hommes de la maison, probablement son employeur ou son fils. Edmond naît et Marie est contrainte d'abandonner ou de confier le nouveau-né, de préférence loin du lieu où vit son géniteur. Pourquoi pas Laon (ville où demeure Edmond au moment de son mariage).

Scénario farfelu nous direz-vous ? Peut-être pas tant que ça...

 

L'acte de naissance d'Edmond stipule que : 

- Marie demeure 141 rue St Gilles à Abbeville

- elle est femme de chambre

- les témoins présents lors de la déclaration de naissance par le médecin, Charles François Vacossin, se nomment Zéphirin ROBERT et Pierre, Adrien PETIT.

 

Nous nous référons alors au recensement de 1851, le plus proche de la période qui nous intéresse. Le recensement suivant disponible date de 1881...

Nous consultons la composition du foyer qui vit alors au 141 rue St Gilles :

- DUPONT (Femme CALLARY) Charlotte - Propriétaire - 56 ans

- CALLARY Ferdinand - Propriétaire -  29 ans

- BRAY Amboisine - Domestique - 36 ans

- VERNON Geneviève - Domestique - 28 ans

- PETIT Pierre - Domestique - 38 ans

Bingo ! Nous retrouvons Pierre PETIT dans ce foyer celui-là même qui sera témoin 13 ans plus tard lors de la déclaration de naissance d'Edmond ! Nous pensons pouvoir raisonnablement déduire qu'en 1864 Marie vivait et travaillait chez la famille CALLARY.

Qu'elle ait pu avoir des relations, plus ou moins consenties, avec Ferdinand CALLARY ne nous paraît pas totalement irréaliste. C'était même chose assez courante à l'époque. Certes nous ne pouvons être certaines que Ferdinand CALLARY demeurait encore dans cette maison en 1864. Peut-être seule Charlotte CALLARY y résidait... ou pas... Peut-être devons nous aussi considérer que Pierre PETIT est un géniteur potentiel... peut-être... Peut-être aussi y avait-il en 1864 un troisième homme présent dans ce foyer... c'est possible... Peut-être que le père d'Edmond est extérieur à ce foyer... c'est aussi envisageable...

Mais comme nous n'avons rien d'autre à nous mettre sous la dent pour le moment et que l'intuition nous guide sur ce chemin, approfondissons nos recherches sur Ferdinand CALLARY.

Josse Ferdinand CALLARY (dit ferdinand Callary) est né le 2 septembre 1822 à Abbeville. Il est le fils d'Antoine Bernard Ferdinand CALLARY et de Charlotte Jossine LEFEBVRE D'HARDICOURT. Ils se sont mariés le 15 juillet 1820 à Abbeville. Au passage nous constation que le nom de jeune fille de Charlotte CALLARY diffère de celui mentionné dans le recensement de 1851. Nous pensons qu'il s'agit d'une erreur de retranscription dans le recensement.

Antoine CALLARY est né le 24 juillet 1795 à Chartres. Au moment de son mariage, il est sous lieutenant au premier régiment de la garde royale, en garnison à l'école royale militaire de Paris. Il sera décoré de l'ordre royal de la légion d'honneur le 20 novembre 1844. Charlotte LEFEBVRE D'HARDICOURT est fille de notable. Son père est propriétaire à Abbeville,  ancien avocat et juge au tribunal civil.

Revenons au fils, Josse Ferdinand Callary. Les seules informations sur Abbeville que nous trouvons concernent sa naissance, sa présence au 141 rue St Gilles en 1851 et sa présence sur les listes électorales en 1849. Sinon, rien... Pas de mariage, pas de naissance dont il aurait assumé la paternité, pas de décès. En 1881 lui et sa mère ne demeurent plus au 141 rue St Gilles. Dans la communue d'Abbeville la famille CALLARY, et même au delà le patronyme CALLARY, sont inexistants.

Nous tentons de rechercher sur Geneanet, et autres sites du même acabit, ce que nous pouvons trouver sur ce patronyme. Le résultat est quasi vierge. CALLARY semble peu courant ; en tout état de cause très peu répandu dans le nord de la France.

 

Poursuivant notre idée que Josse Ferdinand CALLARY a pu contraindre Marie à se séparer d'une manière ou d'une autre d'Edmond à Laon, nous effectuons des recherches sur l'éventuelle présence du patronyme dans cette commune.

Bonne pioche ! 

- Naissance le 12 mai 1870 de CALLARY Charles Achille Albert. Fils de Gustave Aimé Henri CALLARY, 47 ans - Capitaine de gendarmerie, chevalier de la légion d'honneur - et de Mélanie Villemenot, 37 ans.

 

Peut-être que nous faisons complètement fausse route mais la présence de CALLARY à Laon nous paraît assez grosse pour n'être qu'une coincidence.

Nous adressons sur le champ une demande aux archives de l'Aisne pour tenter de retrouver un éventuel dossier d'Edmond VINCENT parmi les enfants assistés de l'Aisne. A suivre...