Pause

Bientôt 8 mois qu'Oscar, Marie et les Autres... a vu le jour.

Profitons de cette période calme dans nos recherches pour nous arrêter un peu, appuyer sur la touche "// Pause", nous retourner sur le chemin parcouru, établir un bilan sur notre puzzle familial, ses pièces éparpillées aux quatre coins de l'histoire.

Il est parfois excitant, mais aussi effroyable, de contater le gap entre la réalité et l'histoire fantasmée par Oscar. Une origine, un passé qu'il s'était inventés pour exister, pour se raconter à sa femme - Rosalie -  et à ses sept enfants - Oscar, Alexandre, Berthe, Henriette, Noël, Rosalie et Marie - comme tout époux, comme tout père de famille, comme tout homme "respectable".

Un passé qu'il s'était inventé ou réinventé...

En effet, quels souvenirs conscients Oscar, abandonné à l'âge de 5 ans 1/2, a-t-il pu garder de sa mère, de l'existence de sa soeur, Marie-Antoinette, et à fortiori de son frère Edmond ? Quelles empruntes laissées dans l'inconscient ont pu le guider pour raconter SA vérité : Oscar VINCENT, fils naturel de Marie VINCENT - enseignante révoquée et  bannie par ses parents car tombée enceinte hors mariage - et d'un russe dimicilié à Paris en 1860. Oscar VINCENT, que sa mère n'a pas complètement rayé de son existence, puisqu'elle aurait tenté de lui adresser de l'argent alors qu'il vivait la perte de son fils aîné à la mine. Argent qu'Oscar, par fierté, a refusé. Oscar que sa mère a tenté d'approcher même, en lui donnant un mystérieux rendez-vous, dans un bar du Pas-de-Calais ; mais qui n'a pas osé aller au bout de son initiative...

Quel beau roman ! Quel suspense !

Et nous y avons cru... Un temps...

 

La réalité s'avère bien plus noire, comme tout droit sortie d'une oeuvre de Zola, où se mèlent le poids de la misère et du déshonneur, l'obscurité et l'insalubrité d'une cellule pénitentiaire, le lourd héritage d'un triple abandon, le voile du deuil et la rudesse de la mine.

Quatre destins que la vie à mis à l'épreuve : 

  • Marie, dont nous ne savons strictement rien depuis sa naissance à Paris vers 1835, jusque 1860 point de départ d'une descente aux enfers. Marie et ses trois grossesses illégitimes qui nous laissent songeuses quant aux véritables fautifs. Domestique lors de ses deux dernières maternités, il n'est pas surréaliste de craindre l'exercice d'un abus de pouvoir d'un employeur peu vertueux. Marie qui a sombré dans l'indigence, emprisonnée à Paris, peut-être coupable d'avoir voulu subvenir au besoins élémentaires de ses enfants... en volant ?... en mendiant ? ... en se prostituant ?
  • Oscar, petit garçon arraché à sa mère à 5 ans 1/2 par les forces de l'ordre, devenu un homme sévère au caractère bien termpé, comme une nécessaire carapace pour survivre puis vivre. Oscar qui a tenté de légitimer son existence en aménageant la réalité. Oscar qui a affronté la rudesse de la mine dès que son âge l'a permis. Oscar qui a reçu de la vie sept enfants ; cette même vie lui a en repris deux avant l'heure.
  • Edmond, que Marie semble avoir le moins assumé de ses trois enfants et dont le sort se résume, pour l'heure, à une multitude d'interrogations. Pourquoi Edmond, qui a vécu jusque 38 ans, n'est pas aux côtés de ses frère et soeur au moment de leur abandon à Paris en 1866 ? Pourquoi Edmond ne porte-t-il qu'un seul prénom contrairement à Oscar et Marie-Antoinette ? Edmond a-t-il été abandonné dès sa naissance ? Si cela est le cas, pour quelle raison ? Quelles circonstances auraient pu déclencher chez sa mère cette mise à l'écart immédiate ? Edmond qui, au regard de son acte de mariage, a cru toute sa vie qu'il était le premier (et le seul ?) enfant de Marie...
  • Marie-Antoinette, décédée à l'aube de ses 7 mois, quelque part, sans doute, entre la commune où elle avait été placée provisoirement en nourrice et Paris. Marie-Antoinette qui, si elle avait vécu, aurait pris racine dans la Somme, et non dans le Nord au côté de son frère Oscar, car les services des Hospices de la Seine ont omis de signaler qu'elle avait un frère.

Et c'est sans compter les victimes collatérales de cet imbroglio généalogique : les générations suivantes... Mais ceci est une autre histoire, dont la psychogénéalogie fait son affaire.

Marie, Oscar, Edmond, Marie Antoinette, nous avons encore de grands moments à passer ensemble !